Cette randonnée se situe à cheval sur les territoires suisse et français. Le massif des Perrons est une petite chaîne de sommets qui s'étale d'est en ouest au dessus de Vallorcine en France et du Chatelard en Suisse. La carte française indique seulement le Grand Perron, la carte suisse indique les Perrons. Le grand Perron culmine à 2600 m . Le tour tel qu'il est décrit ici constitue une magnifique course face à la chaîne du Mont Blanc au Sud et aux massifs du Tenneverge et du Ruan au Nord visibles une fois qu'on a franchi le col de la Terrasse à 2640 m. L'itinéraire est bien marqué quoique partiellement balisé. La partie la plus sportive se situe entre les chalets de Loriaz et le col puisqu'il faut l'atteindre par un chemin escarpé qui se redresse fortement au final. Attention à la période car il n'est pas rare de rencontrer des névés importants en début d'été. La gorge de la Veudale qui permet de rejoindre le lac d'Emosson est étroite, sauvage. Là encore un long névé dans sa partie supérieure est quasi éternel ! mais on peut le contourner sans problème selon la période. Le site des lacs d'Emosson est splendide et y revenir pour d'autres itinéraires est un plaisir !
Monter en voiture au lac d'Emosson jusqu'à la Gueulaz sur le grand parking du barrage. Descendre jusqu'au barrage par la petite route et traverser celui-ci jusqu'à sa rive opposée. Continuer la route (interdite à la circulation) qui suit la rive du lac et qui mène au lac supérieur du Vieux Emosson 200 mètres plus haut au NO. Au bout d'1 km on arrive à gauche au début du sentier (pancartes Suisses jaunes) qui mène à Barberine, la Loriaz et Vallorcine. On grimpe un joli escalier en bois puis on s'élève rapidement en direction du col du Passet. On arrive à l'intersection du chemin qui redescend sur Barberine. Continuer vers le Sud. Le sentier est escarpé, traverse des blocs rocheux équipés mais sans difficulté. On monte légèrement jusqu'a 2100 m en traversant quelques ravins équipés parfois impressionnants quand on pense à leur impact l'hiver dans ces zones très avalancheuses Depuis les graves avalanches de 2001 des systèmes de déclenchements préventifs ont été installés. Puis le sentier devient plus régulier pour continuer à flanc jusqu'aux chalets de Loriaz que l'on aperçoit aux pieds de la combe issue de la belle aiguille du même nom. Si on décide de faire ici la pause repas on aura là un des plus majestueux panoramas de la vallée ! Le regard ensuite au nord en direction du col de la Terrasse et de son couloir très minéral fera prendre conscience que le plus dur reste à faire ! Reprendre le sentier derrière les chalets. On s'élève régulièrement parmi pelouses et blocs rocheux jusqu'à une sorte de replat avant de s'engager à gauche sur un pierrier se redressant. A partir de là il reste encore 250 m à grimper. On arrive aux gros rochers sous le sommet qu'il faut franchir plus sportivement mais sans grande difficulté. On débouche au col sur une plateforme magnifique ouvrant subitement le panorama au Nord caché pendant toute la première partie de l'itinéraire. La vue est saisissante sur le Mt Buet, le col des Corbeaux, le Cheval Blanc, le Grenairon. On est là sur un terrain rocheux calcaire très chaotique où quelques petits lacs sont nichés dans les dépressions. Le plus joli et le plus vaste : le lac Vert qui est tout bleu ! au col des panneaux indiquent plusieurs directions dont la Veudale. Un balisage blanc et rouge semble guider la poursuite de l'itinéraire mais les marques sont très espacées... On peut se guider avec des cairns qui mènent un peu plus bas vers le nord à un autre panneau directionnel. A cet endroit on aperçoit une partie du Lac du Vieux Emosson aux pieds des pentes abruptes du Grenairon. Prendre à droite la direction de la Veudale qui mène à l'entrée du vallon. Le sentier à droite du névé persistant (imposant en début d'été) entre dans la gorge qui s'ouvre un peu plus bas faisant apparaître à l'Est le lac d'Emosson et la face NO des Perrons avec leur brèche dans laquelle on aperçoit le Cervin à gauche. La descente est agréable quoiqu'un peu chaotique mais sauvage et il n'est pas rare d'apercevoir des chamois. En bas du vallon le panorama s'ouvre sur le lac qui dévoile presque toute sa superficie. Le sentier est capricieux car divisé en plusieurs branches parmi myrtilliers, bruyères et zones humides. On gagne la bordure rocheuse au dessus de la route qui permet de prendre pied sur celle-ci. Il reste 2 km sur le bitume pour regagner le parking.