LE 112 DE PLUS EN PLUS ACCESSIBLE : En tout état de cause il apparaît bien que le téléphone peut rendre service pour prévenir les secours en cas de problème, que ce soit en haute ou moyenne montagne. Si le portable ne "passe" pas toujours partout, compte tenu d'une question de configuration du terrain fait de versants, de creux et de vallées, il faut reconnaître que les opérateurs français cherchent une solution commune pour couvrir les zones encore "blanches" actuellement en France. Il est donc probable que d'ici peu le 112 sera joignable dans les zones les plus reculées de montagne mais ne résoudra pas pour autant d'éventuels problèmes d'interférence. Un récent et dramatique accident d'avalanche a d'ailleurs mis sur le devant de la scène le problème de ces interférences qui peuvent survenir entre ARVA (Appareil de Recherche de Victime en Avalanche) en réception et téléphones portables allumés. En effet, un ARVA placé en réception à moins de 40 à 50 cm d'un téléphone portable peut donner l'impression qu'il reçoit le signal d'un ARVA en émission et manquer la localisation d'une victime ensevelie. Lorsque l'on sait que la population alpine hivernale se trouve parfois multipliée par vingt ou trente dans certaines stations alpines, le risque de saturation des fréquences n'est pas un moindre problème.
Enfin les meilleurs conseils pour déclencher les secours, dans les Alpes du Mt Blanc. Le PGHM donne les instructions en cas d'accident.
Symbole de liberté ou d'esclavage moderne ? outil indispensable pour la sécurité ou électronique superflue et envahissante ? Les avis sont partagés sur la question. Toujours est-il qu'au-delà d'un usage dans le cadre de la vie quotidienne, les secours en montagne ont changé depuis l'avènement du mobile. Selon le PGHM (Peleton Gendarmerie de haute Montagne), les randonneurs et les alpinistes manquant d'expérience ont tendance à appeler le 112, le numéro générique de déclenchement des secours, pour pas grand-chose, une insolation ou une petite entorse par exemple. Voire même bien pire lorsqu'en cas de difficulté, ils exigent que l'hélicoptère se déplace dans la demi-heure qui suit, pour l'évacuation sur un plateau, du style "livraison de pizza à domicile".
De ce point de vue, c'est la responsabilisation des usagers en souffrance d'assistanat qui constitue le véritable enjeu. Il est en effet courant de voir des randonneurs, les principaux usagers "consommateurs" de montagne préférer mettre dans le sac un mobile plutôt qu'une boussole, un altimètre ou une carte topographique pour s'orienter ! S'il s'avère que les professionnels de la montagne ne peuvent aujourd'hui s'abstenir sur le plan professionnel de détenir un portable ou mieux, une radio, il ne s'agit pas d'une garantie absolue en cas d'accident. Chacun sait qu'en de telles circonstances, une bonne paire de jambes et d'intelligence représente la meilleure assurance possible.
Le téléphone portable (GSM ou satellitaire) en montagne est souvent décrié au nom d'une certaine éthique. Le point de vue des "réalistes" consiste à vivre avec son temps et non pas selon les préceptes et avec les moyens du dernier siècle. Dans sa "Charte 2000", Mountain Wilderness était résolument contre le portable et s'est vue apposer une étiquette digne des pires ayatollahs en plaidant pour que la nature reste intacte, que les antennes ne fleurissent pas n'importe où et pour que l'homme sache encore communique sans téléphone sans fil.
Le nombre de personnes secourues en montagne continue d'augmenter.
Près d'un tiers des personnes secourues en urgence en montagne ont pu être sauvées en bonne santé ou seulement légèrement blessées.
La large utilisation des téléphones portables et la couverture toujours meilleure des réseaux (plus de 80% dans les Alpes) contribuent certainement à cette évolution.
Cela permet de venir plus rapidement en aide à des montagnards en difficulté.
Il ne faut toutefois pas accorder une confiance exagérée au téléphone portable, car il existe encore des zones sans réception dans les Alpes.